EXTRAIT 3
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Nous vous demandons d’abattre le Père Noël.
Sans même prendre le temps de la réflexion Fred avait répliqué :
- Y a rien de fait, M’sieur Gaëthels, y a rien de fait ; Vous nous connaissez, vous savez qu’on peut tout nous demander, ou presque ; Si vous y mettez le prix, on est prêts à trucider le Pape, à zigouiller le Dalaï Lama, à faire sauter Notre-Dame de Paris avec tous les enfants de chœur à l’intérieur. C’est dans nos cordes, ça fait partie de notre boulot. Mais le Père Noël c’est une autre paire de manches, ça touche la corde sensible, ça remonte à l’enfance. Alors M’sieur Gaëthels, faut pas nous en vouloir, mais ce coup-là, on peut pas vous rendre service, on peut vraiment pas. Pas vrai, les copains ?
- On peut pas, avaient confirmé Max et Momo d’une seule voix.
- Vous voyez, avait repris Fred, c’est pas possible. Même si vous nous offrez un milliard d’anciens francs chacun…
- D’accord pour un milliard chacun !
Durant toute la réunion, le Président n’avait prononcé que ces mots. Mais ils avaient fait mouche.
EXTRAIT 4
L’équipe du Général Ronald Mitchway occupait un immeuble banal à la périphérie de Washington. Les officiers supérieurs qui la composaient abandonnaient, dès qu’ils avaient à sortir, uniformes et décorations au profit de tenues civiles mieux adaptées à leurs fonctions, et rien ne les distinguait alors de la foule anonyme au sein de laquelle ils évoluaient discrètement. Ils avaient tous servi sous les ordres du Général à un moment ou à un autre de leur carrière. Certains, anciens de la glorieuse campagne d’Irak, avaient vaillamment défendu le pétrole du monde civilisé ; D’autres avaient activement participé aux frappes aériennes qui avaient ramené la paix aussi bien en Europe qu’en Orient, et tous étaient fiers de n’avoir massacré, somme toute, qu’une quantité négligeable de victimes civiles.
Officiellement, le Général jouissait d’une retraite que ses hauts faits d’armes lui avaient bien méritée.
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La vérité était bien différente : sous ses aspects de vieux briscard au placard, Ronald Mitchway avait toujours l’âme guerrière et il continuait à servir avec zèle la bannière étoilée, ou, pour être plus précis, l’hôte de la Maison Blanche, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Il avait simplement changé de spécialité. Il ne dépendait plus dorénavant que du Président des Etats-Unis lui-même, et la CIA aussi bien que le FBI étaient à son service.
En fait, c’était sur ses épaules que reposait la sérénité du monde libre. Il pouvait, d’un simple claquement des doigts, déplacer des armées entières, mettre en action tous les avions de l’US Air Force, faire plonger les sous-marins nucléaires de la Marine sous toutes les mers de la planète, envoyer des tanks ici et là, fomenter une révolution, modifier des frontières, rayer de la carte des pays qui ne servaient plus à rien. Discrètement, mais de façon formidablement efficace, il avait été, avec sa Sainteté polonaise, l’un des principaux artisans de l’écroulement de la forteresse soviétique, mettant ainsi fin à la dangereuse guerre froide qui faisait de l’ombre au nobles ambitions de l’Oncle Sam.
C’est le vendredi sept octobre que se présenta l’Affaire. Le général entamait sa deuxième bouteille de whisky de la matinée en caressant distraitement un petit bloc du mur de Berlin qui faisait office de presse-papiers, lorsque trois coups furent frappés à la porte de son bureau..
- Entrez ! dit le général en dissimulant la bouteille dans un tiroir.
Le Major Altright fit trois pas en avant et se figea dans un impeccable garde à vous. Ronald Mitchway se leva, s’approcha et déposa amoureusement un long baiser dans le cou du Major avant de demander :
- Alors, que se passe-t-il ? Et d’abord, asseyez-vous, voyons.
Alright releva légèrement sa jupe avant de prendre place dans le fauteuil, croisa ses longues jambes gainées de soie et, regardant le Général droit dans les yeux, elle déclara :
- Salle affaire, Rony.
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Roman Opération Père Noël
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Dimanche 11 novembre 2007
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