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Si le texte qui suit ces quelques mots d'accueil
Capte ton attention, si tu y poses l'oeil,
Laisse alors librement folâtrer ta souris
A droite de l'écran  dans les catégories.
Tu y rencontreras l'amitié, la tendresse,
Des paroles de paix et des mots qui agressent,
Des rires et des pleurs, du réel et du rêve,
Pour te donner l'envie de visites moins brèves.


INDIFFERENCE

C’est une photo noire, noire comme l’Afrique,
Angoissante et banale, habituelle et tragique :

Une femme accroupie sur ses cuisses noueuses
Plonge une calebasse dans l’eau rare et boueuse
Qui croupit dans le fond d’une crasseuse vasque,
Cependant qu’accroché à sa poitrine flasque
Un enfant tête en vain le sein sec et flétri,
A tout jamais stérile, à tout jamais tari.
L’enfant est immobile et ses os trouent sa peau
Que protège à grand peine un chandail en lambeaux
Du sable que le vent en tourbillons projette,
Qui le cingle et le gifle et le brûle et le fouette,
Sans chasser cependant les charognardes mouches
Qui dévorent déjà et ses yeux et sa bouche.
Seul son regard immense dans son visage mort
Témoigne fixement qu’il est vivant encore,
Encore pour un jour, encore pour une heure,
Une heure c’est si long et c’est si court une heure.

C’est à peu près le temps que vous passez, Madame,
Tout le monde le fait, personne ne vous blâme,
Chez le coiffeur bavard qui blondit vos racines,
En feuilletant distraite un luxueux magazine
Où s’étalent parfois d’impudentes photos,
Regardées à la hâte, oubliées aussitôt…

C’est une photo noire, noire comme l’Afrique,
Angoissante et banale, habituelle et tragique


encrier11.jpg

publié dans : Textes pour Chansons -SOCIETE- commentaires (3)    recommander
Vendredi 19 octobre 2007
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