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Si le texte qui suit ces quelques mots d'accueil
Capte ton attention, si tu y poses l'oeil,
Laisse alors librement folâtrer ta souris
A droite de l'écran  dans les catégories.
Tu y rencontreras l'amitié, la tendresse,
Des paroles de paix et des mots qui agressent,
Des rires et des pleurs, du réel et du rêve,
Pour te donner l'envie de visites moins brèves.


        ON A VIOLE LA VOIE LACTEE        

Lorsque le tout premier Spoutnik,
Fragile et secret prototype
Venu du pays des Moujiks
Fit entendre son bip bip bip,
Les Ricains à toute vitesse
Se lancèrent dans l’aventure
Et accumulant les prouesses,
Ils vengèrent l’odieuse injure.
Aussitôt d’autres fiers  pays,
Surmontant leur déconvenue,
Agirent de même et depuis
C’est le grand bordel dans les nues.

Mais Nom de Dieu,
Dit le Bon Dieu,
Je vais confisquer leurs pétards !
Par tous les diables,
Répond le diable,
Je crois qu’il est déjà trop tard.

C’est pire en haut que les périph
L ‘été un soir de grand départ,
Et ce trafic intempestif
Un jour fera boum quelque part.
Les savants, bouillonnant d’ardeur,
 Dédaignant les non-initiés,
Font la nique à la pesanteur
Et jouent les apprentis sorciers.
Ils nous assurent que ça brûle
Quand ça tombe à grande vitesse
Tous ces gros engins qui circulent,
Mais moi je pense à Damoclès.
REFRAIN
Cap Canaveral ou Kourou,
A chacun sa spécialité,
On en balance un peu partout
Et on ne peut plus les compter.
Ca s’entrecroise et ça se frôle
Là-haut, au dessus des nuages,
Aux anges ça leur fait tout drôle
Ce Bon Dieu de remue-ménage,
Et je pense avec anxiété
Qu’un jour tous ces machins qui jonchent
Impudemment la Voie Lactée
Vont nous retomber sur la tronche.
REFRAIN
Je n’ai rien contre le progrès,
J’en suis un ardent défenseur,
Pourtant je confesse en secret,
Que quelquefois il me fait  peur :
Pour ces déchets radioactifs
Qui dans l’océan s’amoncellent,
Le progrès n’est il pas fautif
D’avoir oublié la poubelle ?
C’est la charrue avant les bœufs,
On ne peut pas avec candeur
Souffler pour activer le feu
Sans savoir où est l’extincteur.


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LE DANGER

Le danger de nos jours ne vient pas des Chinois,
Ni des Ruskofs, ni des Teutons, ni des Ricains,
Qui, hier ou avant-hier, cherchaient en tapinois
A détruire le globe et tout le genre humain.
Mais alors dans ce cas, qui donc menace qui ?
Tous les tyrans sont morts, disparus les bourreaux,
Maintenant il fait bon vivre à Nagasaki,
Les fleurs sur les charniers repoussent à Dachau.
Le danger aujourd’hui, il nous vient des robots,
Il y en a autant que chez moi des cloportes,
Ils seraient, nous dit-on, nos zélés collabos,
Pourtant, moins je les vois et bien mieux je me porte.
 
Après le Jurassique
Et le Néolithique,
Après l’informatique
Et le temps du plastique,
Voici qu’enfin rapplique
 L’époque robotique

Ils sont sournoisement entrés dans notre vie
Et personne n’a dit « ouvrons l’œil, attention »
On s’en est tous un jour naïvement servi,
Sans prendre, quelle erreur, aucune précaution.
Ils faisaient la purée, la soupe et la vaisselle,
Parlant d’eux on disait « les robots ménagers »,
Tout le monde en avait plus que des ribambelles,
Et on ne trouvait plus d’endroits où les ranger.
L’aspirateur suçait goulûment la poussière,
L’autocuiseur sifflait avec jubilation,
La glace pour geler avait la sorbetière
Et le vibromasseur de multiples fonctions

REFRAIN

Puis d’éminents chercheurs les ont perfectionnés,
Après bien des essais et tâtonnements vains,
Leur labeur aboutit et ils leur ont donné
Une allure semblable à celle des humains.
Mais un détail pourtant freinait leur allégresse,
Il manquait quelque chose, un je ne sais trop quoi
Qui les hantait la nuit et ils n’eurent de cesse
Que chercher ardemment à découvrir pourquoi
Leurs copies n’étaient rien que froides mécaniques.
Enfin ils ont trouvé et mis là où il faut,
Rivalisant d’adresse et d’audace technique,
De robustes et fiers organes génitaux.

REFRAIN

Sans gène ils ont bourré leurs têtes et leurs cœurs
De ce que leur offrait la science électronique,
Des puces à foison et des ordinateurs,
Faisant de leurs robots nos parfaites répliques.
Et bientôt ces engins singèrent leurs modèles
Dans leurs plus bas instincts et copulèrent tant
Que jamais on ne vit une telle kyrielle
De nouveau-nés braillards en aussi peu de temps.
On les trouva partout, à l’usine, au labo,
Au prétoire, à l’armée, même à Rome au conclave,
Si bien que nul ne sait, de l’homme ou du robot,
Lequel agit en maître et lequel est l’esclave.


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HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN

Un tableau accroché au mur de mon salon
Rappelle à ma mémoire le long cours de l’Histoire
Et j’imagine alors Maître François Villon,
Faisant de ce récit une chanson à boire :

A l’auberge du Chat qui rôde,
Quatre ruffians et leurs ribaudes,
Visages gras et rubiconds,
Ripaillaient de belle façon.
« Hé, tavernier, apporte à boire
Un tonnelet de vin de Loire
Et pour arrondir notre panse,
Sers-nous ton jambon de Mayence,
Embroche un tendre porcelet,
Deux chapons et un agnelet,
Trois pintades et trois poulardes
Joliment ointes de moutarde,
Et n’ait de cesse, misérable,
Que nous ne roulions sous la table. »

Une vieille photo dans son cadre de verre
Resurgit  tout-à-coup du fond d’un vieux tiroir,
Et il me semble entendre la voix de mon grand-père
Qui racontait souvent cette plaisante histoire :


Au restaurant du Grand Veneur,
Dix ou douze hardis chasseurs,
Ayant posé leurs carnassières,
S’empiffraient de belle manière.
« Sors de derrière tes fagots,
Patron, quelques Châteaux Margot,
Sers à chacun, sans retenue,
Le plus copieux de tes menus :
Pâtés à la croûte craquante,
Andouillettes de Troyes fondantes,
Poules au pot et coqs au vin,
Civets onctueux de marcassin,
Et que ce banquet mémorable
Nous fasse rouler sous la table. »

Pour célébrer le jour de son anniversaire,
Avec tous ses copains et toutes ses copines,
Mon fils m’a entraîné, je me suis laissé faire,
En un lieu qu’affectionnent les gamins et gamines :


C’était dans l’un de ces pseudos
Restaurants appelés Mac Do.
J’ai pris, parmi les plats offerts,
Avec des frites un hamburger,
Et pour bien digérer tout ça
Un grand pot de Coca-cola.
Mais je n’avais pas la technique
Qui ne vient qu’avec la pratique.
Ca dégoulinait de partout,
J’avais du ket chup jusqu’au cou,
Sans parler de la mayonnaise
Qui se répandait sur ma chaise.
Alors, en un geste coupable,
J’ai tout balancé sous la table.

Sur l’écran terne et gris de mon ordinateur,
Une triste vision du futur apparaît
Qui me fait découvrir avec crainte et horreur
La vie des enfants nés des enfants que j’aurai :

A l’enseigne du Martien Vert,
A une table sans couvert
S’était installée, taciturne,
L’équipe du vol pour Saturne.
Sur les murs des écrans géants
Proposaient des plats alléchants :
Concentré d’huîtres de Marenne,
Comprimé de quiche lorraine,
Pilule de bœuf mironton,
Cachet de gigot de mouton
Et pour arroser ce festin,
Poudre de Gevrey Chambertin.
De tous ces dîneurs pitoyables,
Aucun ne roula sous la table.
 



publié dans : Textes pour Chansons -HUMOUR= communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS commentaires (14)    recommander
Samedi 29 mars 2008
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